Le récit commence le 8 décembre 1825. Neuf heures et demie
viennent de sonner au clocher de Montlouis, quand un cavalier
traverse à vive allure le bourg pour rejoindre la ville de Tours
et annoncer la crue du fleuve qu'il précède de peu.
Il se termine vingt ans plus tard, alors que le marinier
Tourangeau appareille du port de Tours et murmure, regardant
le fleuve : ' sacrée rivière, tu as rempli ma vie... '
Ces vingt années sont contées d'une plume alerte, la fiction
côtoyant sans cesse la réalité historique. Il y a là comme le plus
beau des romans d'amour : l'amour d'un homme à son métier.
Et parce que ce métier, celui de marinier sur la Loire a disparu,
aujourd'hui, sa reconstitution demande érudition et
sens de l'évocation. L'auteur en témoigne, mais jamais son
savoir n'alourdit le vivant récit.
Les héros sont ici les mariniers et leurs gabares, au maniement
délicat qui requiert un savoir-faire reconnu, qui assurent l'import
et l'export des marchandises de la France, le transport des
voyageurs de Nantes à Orléans et même au-delà ; les bateaux
à vapeur qui pointent leurs cheminées et bouleversent une
économie ancestrale ; le chemin de fer naissant qui menace
de disparition la batellerie, et le fleuve avec ses crues et ses
langueurs. Et le visage inoubliable, de cet amoureux et poète
du fleuve, écolo bien avant l'heure, notre ami Tourangeau,
marinier sur la Loire...